• Aug 28, 2025

Pourquoi je ne commence pas par la respiration dans la régulation d'un état traumatique ? 

  • Morgane De Leye

My unpopular opinion.

Introduction

Respirer, cela semble si naturel et vital... C'est même l'une des techniques majeures enseignées en naturopathie. Souvent d'ailleurs confondues par beaucoup avec la technique de la gestion du stress.

Pour beaucoup, la cohérence cardiaque ou d'autres exercices respiratoires sont des outils précieux pour apaiser le système nerveux, et c'est assurément le cas. Mais pour une personne encore ancrée dans un état traumatique, cette porte d’entrée peut s’avérer trop intense. Je te propose ici d’explorer ce raisonnement, en l’appuyant sur des données neurologiques et somatiques.

1. La respiration : un modulateur puissant, mais délicat

La respiration contrôlée stimule le système parasympathique (via le nerf vague), ce qui favorise la détente, augmente la variabilité de fréquence cardiaque (VFC ou HRV) et équilibre l'activité sympathique liée au stress.(simplepractice.com, News-Medical)

Cela dit, même si les études soulignent l’efficacité des techniques comme la cohérence cardiaque, elles alertent aussi sur des résultats parfois neutres, voire négatifs, selon le contexte ou l’individu.(PMC)

2. Résonance corporelle : respirer, c’est toucher à la vie… et à la mort

La respiration est liée à des centres neurologiques profonds (tronc cérébral, locus coeruleus, structures corticales) régulant l’éveil, l’émotion, la survie.(Wikipédia)

Pour une personne encore figée dans le mode « survie », respirer consciemment peut réveiller l’inconscient et des peurs viscérales — l’outil censé apaiser devient alors perçu comme menaçant.

3. Résistances inconscientes : un système nerveux protégé… mais verrouillé

L’inconscient d’une personne traumatisée peut générer :

  • des oublis répétés ou des excuses,

  • un sentiment d’étouffement,

  • une mise en tension physique ou mentale.

Ces réactions ne sont pas volontaires : elles reflètent une protection activée aux niveaux neurologique et émotionnel, pas un refus conscient.(Yoga Therapy Associates)

4. Pourquoi forcer la respiration trop tôt peut bloquer davantage

Au lieu d’apaiser, une respiration imposée trop vite peut provoquer une activation du système nerveux, rétablissant le verrou déjà présent ou empêchant la personne de se sentir en sécurité.

En d’autres termes, on prend le risque de réactiver le trauma plutôt que d’amorcer une vraie détente.

5. Approches alternatives : stimuler le corps en douceur

L’approche somatique (via micro-mouvements, balancements, ancrage sensoriel) s’appuie sur les systèmes somesthésique et vestibulaire — des structures neurologiques ancestrales ancrées dans la survie. Elles permettent une régulation douce, ancrée dans le corps.(Physiopedia, Frontiers)

Ces méthodes restaurent un sentiment d’« être dans son corps » de façon sécurisée, avant d’introduire progressivement la respiration.

6. Quand la respiration devient enfin un allié

Une fois un terrain de sécurité intérieure restauré, la respiration contrôlée (p. ex. lente à environ 6 respirations par minute) retrouve tout son potentiel :

  • augmentation de la VFC (HRV) et de la fréquence respiratoire sinusoïdale (RSA)(Frontiers)

  • activations corticales et sous-corticales (préfrontal, thalamus, pons…) favorisant le contrôle émotionnel(Frontiers)

  • EEG montrant plus d’alpha (relaxation) et moins de theta (rumination / vigilance)(Frontiers, Nature)

En somme, la respiration devient un joyau thérapeutique, appliquée lorsque la personne ressent suffisamment d'ancrage et de sécurité.

7. Le trauma et la respiration : une éthique d’accompagnement éclairée

Dans la pratique, la respiration consciente — malgré ses bienfaits — nécessite un dosage conscient et personnalisable :

  • certains protocoles (comme le conscious connected breathwork) peuvent être hautement déclencheurs chez les personnes souffrant de PTSD sévère ou instabilité mentale.(sciencedirect.com, Yoga Therapy Associates)

  • d’autres pratiques plus douces ou graduelles sont mieux adaptées pour commencer, notamment auprès de personnes vulnérables.

Conclusion

Respirer est un outil puissant, mais pas toujours en première intention. Chez une personne traumatisée, il est souvent judicieux de démarrer par des portes d’entrée somatiques, sensorielles ou corporelles, avant d’intégrer la respiration comme alliée consciente. Une approche respectueuse, progressive et fondée sur les connaissances neurophysiologiques garantit bienveillance et transformation.

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